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Chaumières et chapelles

Patrimoine local

Les chaumières
A l´heure de la modernisation et du profit à outrance, nous découvrons, nostalgiques, que notre patrimoine ainsi que les témoignages des générations passées disparaissent peu à peu. Quel dommage ! Quelques articles ça et là, heureusement, nous donnent encore l´espoir que le passé ne sera pas totalement oublié.

Prenons nos vieilles chaumières ou fermes d´antan qui nous apportent une note de charme et de poésie dans notre paysage flamand (on en trouve trois à Sercus).

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Les conditions de vie y étaient rudimentaires. Le grand feu flamand, dès le milieu du XIX siècle avait remplacé l´âtre « de schouw » dont la plus grande partie de la chaleur s´en allait par la cheminée comme au moyen-âge. Les murs des chaumières étaient construits autour de la grande cheminée. Ils étaient faits de torchis : mélange d´argile, de chaux, de paille maintenu par des lattes et que l´on appliquait entre le gîtage de bois. Le toit était en chaume : en paille de blé ou de seigle. Grâce à ces composants isothermiques, il était aisé de se chauffer l´hiver et la maisonnée restait fraîche l´été. A l´heure où l´on parle de Grenelle de l´environnement, d´écologie ou de gestion différenciée, prenons-en de la graine !

La pièce principale servait à la fois de cuisine, de salle à manger et d´atelier de travail pour les couturières. Le samedi soir, de « salle d´eau » avec la grande cuve d´eau chaude au milieu, où y défilaient les garçons, les filles puis les parents lorsque tout le monde était couché.

La semaine, on se lavait dans un grand bassin émaillé au bout de l´unique table ou encastré dans une sorte de trépied. Dans les chambres situées autour de la pièce principale, il n´était pas rare de trouver, certains matins d´hiver, les vitres givrées. Les lits ne dépassaient guère les 1,20 m. Les matelas étaient bourrés de « kaf » ou paillettes de blé, renouvelé tous les ans les jours de batteuse à la ferme. Le contact avec les draps rugueux était un peu désagréable. Rien à voir avec les draps de soie que l´on peut trouver dans le commerce à l´heure actuelle.
Chaque chaumière disposait d´une petite pièce n´ayant qu´une modeste ouverture sur le Nord avec un sol de terre battue de vingt ou trente centimètres plus bas que le niveau général. Cette salle fraîche tenait lieu de cave pour la conservation des aliments. C´était « de spinde ». Les fermes, estaminets, maisons de commerce possédaient des caves dont la profondeur était moyenne, les problèmes d´infiltration d´eau n´étant pas résolus. Les caves souvent voûtées s´élevaient au-dessus du sol et supportaient une chambre surélevée appelée « voûte ».

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Les chaumières étaient conçues façade dirigée vers le sud. Les fenêtres de dimension modeste n´empêchaient pas le soleil de darder ses rayons sur les étains, l´abondance des cuivres ou le balancier de cuivre de la grande horloge. On y trouvait une unique pièce de mobilier dans la grande salle : armoire basse à deux ou trois portes, taillée dans l´orme, le merisier parfois le poirier, le « schapreï » en flamand. On y rangeait la vaisselle, les couverts, le café, la chicorée et le sucre et, dans les tiroirs, le nécessaire à coudre ou à repriser, le linge fin et les mouchoirs. Le tiroir central, plus petit, recélait « les papiers importants », livret de famille ou militaire, correspondance.
Les ustensiles de cuisine étaient rudimentaires. Ils se réduisaient à une grande bouilloire constamment sur le feu. Le « frit pott », marmites et différents chaudrons étaient en fonte, l´un d´entre eux, énorme, était suspendu à une crémaillère au-dessus du feu de bois. On y cuisait la soupe à l´oseille, le jambon de la ducasse, le lait battu : le « pap » avec des quartiers de pommes. Le butagaz n´apparut qu´après la seconde guerre mondiale.

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Que dire de la lessive ? Elle prenait plusieurs jours. La pompe à eau marchait sans arrêt. Les femmes frottaient le linge à la main. Vous souvenez-vous de la planche à laver et du linge étalé sur l´herbe des prairies en évitant soigneusement les bouses de vache ! Quels avantages nous procure aujourd´hui notre lave-linge ! Mêmes les hommes, de nos jours, « pourraient » s´en servir !! Il ne faut pas oublier le repassage, avec les fers à repasser chauffés avec des platines rougies sur le feu flamand.

Les Chapelles de Sercus
« Profondément croyants et pratiquants mais un peu superstitieux, les paysans flamands élevaient partout des chapelles et des calvaires surtout quand un voeu s´était heureusement réalisé. C´était une manière d´honorer ses morts » dixit Albert Deveyer dans son livre La Flandre d´autrefois.
Comme dans toute la région, Sercus comptait de nombreuses petites chapelles fixées sur un arbre ou aménagées dans le pignon ou sur la façade d´habitation. Elles témoignaient de la dévotion de ses habitants. Parfois même, elles rappelaient le souvenir d´un enfant décédé accidentellement comme celle qui se trouve dans le pignon de la ferme route dHazebrouck à l´entrée du village. Jusque dans les années 60, il était d´usage de déposer une petite croix en bois devant chacune de ces chapelles sur le chemin qu´empruntait le corbillard tiré par des chevaux emmenant un défunt à l’Eglise.

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Le sentier Guido Gezelle récemment aménagé, qui contourne la place et se prolonge dans la campagne passe à proximité d´une chapelle très ancienne dédiée à Notre Dame de Consolation sur le fronton de laquelle des inscriptions sont écrites en flamand.

On est incapable de dire la date de construction, c´est dire si elle est ancienne. Cette chapelle, devenue propriété de la commune, lors de l´aménagement du sentier, a été complètement restaurée par les bénévoles de l´Association Yser Houck. Elle a été inaugurée le 21 juillet 2002 par l´Abbé Dewailly, le curé des 7 paroisses dont Sercus fait partie et cela en présence d´une foule nombreuse.
Au carrefour des rues de Morbecque et de Verdun se dresse une autre chapelle en l´honneur de Notre Dame des Affligés. Cette chapelle a été reconstruite dans les années 60 par la famille Mordacq un peu en retrait du croisement pour faciliter la visibilité.

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Le temps a fait son oeuvre...
Une chapelle dédiée à Notre Dame de la Paix a été érigée par la famille Andriés chemin des Loups. Elle a aujourd´hui disparu, la maison à proximité de laquelle elle était construite étant devenue une résidence secondaire appartenant à des Anglais.

La plus belle chapelle était construite (en face de l´école) en briques. Elle était recouverte d´ardoises. C´était de loin la plus grande. Elle avait été construite en l´honneur de la Vierge et de l´Enfant. A la mort de la propriétaire, Maria Deveyer, qui tenait le débit de tabac et la cabine téléphonique, la municipalité a fait l´acquisition de la maison et du terrain sur lequel la chapelle était érigée. Cet emplacement a été aménagé au cours du temps en parking et a permis l´extension du cimetière.
En 1938, la famille Courtois a installé un calvaire à proximité de leur ferme. Lors de la bénédiction par l´Abbé Dumortier,le 28 septembre 1938, le christ en bronze de la taille d´un homme a été porté en procession par les jeunes gens de la paroisse depuis l´Eglise. Malheureusement, le temps a eu raison de la structure. Avec l´accord de l´Abbé Dewailly, la famille décida de détruire ce qui en restait. Le christ a été démonté en 1995. Il est en parfait état et attend l´opportunité d´une nouvelle installation.

Reconnaissance à la Vierge
Enfin, route d´Hazebrouck à l´entrée du village, grâce à une souscription des familles de la commune, s´élève un monument de reconnaissance à la Vierge Marie Immaculée Conception pour la remercier de sa protection au cours des bombardements de la guerre 39/45.
En effet, Sercus était proche du bois des huit rues et de la belle Hôtesse où étaient installées des rampes de lancement V1. Les bombardements furent nombreux...Le muret qui entoure la vierge porte l´inscription « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

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Aujourd´hui, le temps a fait son oeuvre, la plupart des petites chapelles en bois ont disparu tout comme les coutumes qui y étaient attachées.



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